Nom de l'établissement : Agrosup Dijon
Localisation : Dijon
Personne-ressource et contact : Bernadette Risoud
Présentation : La licence pro NtechA "Licence Professionnelle Agriculture, durabilité, nouvelles technologies" est menée par l'Université de Bourgogne avec Agrosup Dijon et en partenariat avec le lycée agricole de Quétigny.
Cette formation s'adresse à des BTS, universitaires et stagiaires de la formation continue (salariés ou exploitants agricoles) désireux d'acquérir des compétences complémentaires dans le domaine des productions végétales, de l'environnement et des technologies d'information et de communication appliquées à ces domaines (logiciels professionnels, GPS, SIG, outils d'aide à la décision).
La formation se décompose en deux parties intégrées dans un contrat de professionnalisation de 12 mois :
L'une est théorique, de 400 h d'enseignements + 120 h de projet tutoré, à raison d'une à deux semaines par mois de septembre à juin soit 4 mois environ. Une Unité d'Enseignement d'harmonisation de 50h est prévue en fonction du profil.
L'autre est pratique, dans l'entreprise signataire du contrat de travail et d'une durée de 8 mois.
A l'issue de la formation, les titulaires de la licence professionnelle pourront notamment accéder aux métiers et emplois suivants : Cadre technique chargé de conseil ou d'animation en génie " Agri-Environnemental ", Cadre technique chargé d'études agricoles, Cadre technique chargé de mission dans les domaines : Agriculture/Environnement /Aménagement du territoire, Formateur ou Professeur de l'enseignement agricole, Exploitant agricole, Chef de culture.

http://www.agrosupdijon.fr/formations/licence-master-doctorat/licences-professionnelles/agriculture-durabilite-nouvelles-technologies.html

Agriculture et énergie (notamment bilan PLANETE) en licence professionnelle

Thèmes abordés (Lesquels, liens avec les référentiels)  : La licence professionnelle comporte une unité d'enseignement "impacts environnementaux des exploitations agricoles" de 80 h dans laquelle le thème "agriculture et énergie" est abordé sur 12h de cours et 12h de TD et visites.
Une partie est traitée en classe pour fixer le contexte énergétique mondial et français et la place particulière de l'agriculture. Puis une méthode de diagnostic énergétique d'exploitation agricole (PLANETE) est présentée puis appliquée lors d'une visite sur une ferme, suivie de la saisie des données dans le tableur.
D'autres visites sur les énergies renouvelables ont lieu avec l'ADEME (chaufferie paille, séchage en grange, photovoltaïque...) et donneront lieu à des apports complémentaires.
D'autres méthodes de diagnostics agro-environnement sont vues dans cette unité de formation, par exemple le bilan des minéraux. Le cheminement de l'énergie dans les machines est repris en agroéquipement également.
Emergence du projet (Contexte, éléments déclencheurs (personnes, idées, besoins, commandes), diagnostic préalable)  : Ce module est lié à la création de la licence professionnelle à la rentrée 2009.
Objectifs pédagogiques poursuivis (Lesquels, principaux et secondaires)  :
  • Être capable d'expliquer la place de l'agriculture dans les questions énergétiques
  • Être capable de réaliser un bilan énergétique PLANETE (comprendre le fonctionnement de la méthode, réaliser et interpréter le bilan).
  • Etre capable de situer les enjeux énergétiques dans le monde et en France.
Disciplines impliquées (Lesquelles, articulations de l'interdisciplinarité, référents pédagogiques)  : La discipline principalement mobilisée est l'agronomie, avec des notions de physique (thermodynamique), d'économie, de politique et de sciences de l'environnement (effet de serre...). L'enseignante – chercheuse possède ces compétences variées et a présenté les apports théoriques (4h) Elle a participé aux recueils des données du bilan énergétique chez l'agriculteur (3h) et encadré leurs saisies dans PLANETE (4h).
Moyens financiers, matériels, humains mis en oeuvre : Pas de moyens particulier en dehors de ceux prévus pour la licence professionnelle. Les sorties ont nécessité un bus une journée. Les interventions de l'ADEME et de l'agriculteur ont été gratuites.
Plan d'action et pilotage (Porteurs du projet, organisation de l'équipe pédagogique, organe de pilotage, présentation du scénario pédagogique, durée, échéancier, public cible, méthodologie)  : La classe comportait 13 étudiants, une moitiée issue des filières de BTS agricole (filière de production), et l'autre moitiée de BTS non agricoles (Gestion et Protection de la Nature). ou DUT ou DEUG

La structuration de ce module a été imaginée à la création de la licence par l'équipe pédagogique, et par la suite l'enseignante le coordonne seule. Le module dure 24h échelonné sur qq ½ journées regroupées en qq semaines.
Mise en oeuvre/actions réalisées (Lesquelles, outils pédagogiques utilisés, ressources sollicitées, partenaires mobilisés)  : 4h de cours sous forme de diaporama sur énergie et agriculture :
contexte global, effet de serre, énergie alimentaire, thermique, politiques françaises (grenelle, Plan de Performance Energétique...), flux d'énergie dans les exploitations (énergie directe/ indirecte)
méthode du bilan énergétique PLANETE avec des exemples de données, notamment des résultats sur les 200 agriculteurs faisant du lait et des comparaisons entre systèmes biologiques, conventionnels... variabilité dans les systèmes, puis intérêts et limites de la méthode.
Au début de cette 1ère séance, un échange avec les étudiants a permis de savoir ceux qui avaient déjà eu un cours sur les énergies renouvelables (souvent quelques notions en BTS), sur le réchauffement climatique (bilan radiatif de la terre en DEUG SVT).

Puis la semaine suivante, une sortie terrain de 3h a lieu pour collecter les données chez un agriculteur. L'enseignante a choisi cette année un agriculteur de sa connaissance, uniquement en grandes cultures pour faciliter la collecte par les étudiants. L'agriculteur connaissait la méthode PLANETE pour l'avoir testée au début des années 2000, et était prévenu du type de public et des documents nécessaires à la collecte.

L'après-midi les étudiants ont visité 3 sites avec l'ADEME sur les énergies renouvelables (chaufferie paille, séchage en grange, panneaux photovoltaïques).

Puis la semaine suivante, la classe a fait l'exploitation durant 4h des données recueillies chez l'agriculteur pour les saisir dans le tableur excel PLANETE. En raison du peu de temps disponible, le travail de saisie a été réparti entre 4 groupes de 3 élèves :
1.Produits phytosanitaires
2. engrais et semences
3. matériel et bâtiments
4. énergie directe et vérification à partir du livre comptable de la cohérence.
L'enseignante circulait entre les groupes pour les aider ce qui a été assez fatigant. Les étudiants ont été jusqu'au bout de la saisie, mais la synthèse n'a pu être faite qu'après la fin du cours par l'enseignante puis transmise aux étudiants.
Evaluation (Forme, critères, indicateurs)  : Deux niveaux d'évaluation des étudiants :
Evaluation pratique par groupe lors de la saisie tenant compte de la motivation, du respect des consignes, de la curiosité...
Evaluation écrite en partiel : une question à 2 points dans un contrôle plus global sur le module "impacts environnementaux des exploitations agricoles". La question portera plus sur la connaissance du contexte énergétique global et la place particulière de l'agriculture que sur la méthode du bilan en elle même.
Résultats obtenus (Réalisations concrètes, productions, effets induits)  : Dès l'introduction du contexte énergétique et de la place de l'agriculture dans ces enjeux, un débat plutôt vif s'est déclenché. Une partie d'étudiants plutôt "baba cool", "intello" est pessimiste et pense qu'on va vers la catastrophe tandis que l'autre groupe d'étudiants, de culture agricole plus traditionnelle, semble plus insouciante. Deuxcultures se confrontaient. L'enseignante a essayé de montrer la part de vérité dans chaque vision : elle a rappelé la diversité des sources d'énergies renouvelables, le rôle positif que l'agriculture peut jouer pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre, mais en réaffirmant la gravité de la situation niée par les climatosceptiques..
Le bilan énergétique a pu être calculé par le groupe, grâce à la préparation par l'agriculteur, la collecte par les étudiants qui a bien fonctionné et la répartition de la saisie entre les groupes qui a été assez efficace. L'analyse par les étudiants n'a pu se faire faute de temps sur ce cas. Ils seraient capable d'en refaire mais peut-être pas d'aller jusqu'à l'analyse.
Un dialogue intéressant entre l'agriculteur et les jeunes s'est instauré notamment sur les produits phytosanitaires. Le produteur était dans une logique ni intensive, ni prêt à passer à l'agriculture biologique (refus des contraintes), mais en démonstration d'une 3ème voie intermédiaire.
Analyse/diagnostic (Les réussites, les échecs, les difficultés, impact du projet sur les apprenants (indicateurs, enquêtes...))  : Les objectifs globaux ont été atteints. Des problèmes informatiques ont empêché cependant une mise en commun correcte du bilan énergétique de cette exploitation et il a manqué 2h pour interpréter les résultats et réfléchir à des scénarios d'évolution.
La collecte s'est bien passée grâce à la préparation de la visite en amont et la connivence entre l'enseignante et l'agriculteur. Remarque : en 2009, l'enseignante ne connaissait pas l'agriculteur choisi et celui-ci découvrait PLANETE pour la 1ère fois. Cela n'a pas gêné l'exercice car il avait cherché lui aussi rigoureusement toutes les données, et dictait presque les informations aux étudiants.
Lors de la collecte, les étudiants ont été incités à tous poser des questions, à se passer la parole ; cela a relativement fonctionné même si certains sont plus restés en retrait.
La présence de jeunes qui connaissent le milieu agricole dans les groupes de travail a permi de contourner la difficulté qu'auraient eu les autres étudiants à faire le diagnostic.
Un des autres facteurs de réussite est lié au recul et à l'expérience de l'enseignante-chercheure sur les analyses énergétiques d'exploitation car elle a participé à la conception même de la méthode PLANETE avec Solagro, et des collectifs d'agriculteurs vers 1999.
L'enseignante a eu l'impression que les jeunes percevaient mieux l'importance de l'agriculture qui peut contribuer à répondre aux défis énergétiques et climatiques. Dans un contexte ambiant de critique de l'agriculture (polluante) et de difficulté économique du secteur, ils ont apprécié cette valorisation de l'agriculture.
Améliorations à apporter, suggestions : Le module nécessiterait un peu plus de temps pour mieux exploiter les résultats du diagnostic mené par les élèves. Idéalement elle aimerait que l'ensemble des étudiants puisse saisir l'ensemble des données pour mieux s'approprier la méthode.
Une autre suggestion possible serait de faire présenter par les étudiants les résultats et l'analyse à l'agriculteur.
Après 2 ans de mise en oeuvre, il pourrait être intéressant de vérifier l'articulation avec les autres méthodes de diagnostics agro-environnementaux abordées également.
La réactualisation des présentations power point utilisées sera à poursuivre.
L'enseignante n'a pas jugé les étudiants prêts ni avoir le temps disponible pour aller vers une réflexion sur les intérêts et limites des indicateurs du diagnostic énergétique. Mais la notion de surfaces importées via l'alimentation animale pourrait être introduitedans le débat dans les systèmes d'élevage.
Démarche conduite (Conduite pédagogique, processus pédagogiques mobilisés, interdisciplinarité, degré d'ouverture au territoire...))  : Un cours magistral suivi d'une mise en activité autour du calcul d'un bilan énergétique d'une exploitation agricole et des apports techniques par l'ADEME sur quelques énergies renouvelables.
Un suivi des travaux de groupes qui serait intéressant en pluridisciplinarité.
Transférabilité : Cette approche pourrait être transférable en 2ème année de BTS, avec des stagiaires adultes en fin de formation, en 3ème année avec des élèves ingénieurs.
Une réflexion pourrait être conduite sur les intérêts / limites des indicateurs énergétiques : bilan, efficience, quantité d'énergie consommée par ha ou par kg produit...

Cette fiche a été préparée dans le cadre d'un chantier commun sur le défi énergétique et la pédagogie, des réseaux thématiques "performance énergétique des exploitations" et "éducation au développement durable" de l'enseignement agricole (Claire Durox et Sofie Aublin, MAAPRAT/DGER).
Bibliographie : Références PLANETE 2010 : énergie et GES des 3500 exploitations ayant fait un bilan, http://www.solagro.org/site/424.html
RISOUD B., 2009, Quels indicateurs pour le diagnostic énergétique en agriculture dans le cadre du plan de performance énergétique ?, Ingénieries n°59-60, p105 à 118.
RISOUD B. et BOCHU JL, Consommation d'énergie et émissions de GES des exploitations en agriculture biologique : synthèse des résultats PLANETE 2006, http://www.abiodoc.com/fileadmin/uploads/Colloque/Diaporama/TH03/09_Bochu_Risoud.pdf
PLANETE 2002, Analyse énergétique d'exploitations agricoles et pouvoir de réchauffement global. Méthode et résultats sur 140 fermes françaises, rapport d'étude pour l'ADEME, sous la direction de B. Risoud, 102 p + annexes.
RISOUD B., 1999, Développement durable et analyse énergétique d'exploitations agricoles, Economie Rurale, n°252, p 16-26