Nom de l'établissement : EPL Théodore MONOD
Localisation : le Rheu (35)
Personne-ressource et contact : Caroline FLANDRIN, Charles CAPITAINE
Présentation : L'EPL Théodore MONOD – le Rheu (35) est situé à environ 8 km de Rennes à l'ouest. Les questions de durabilité sont une préoccupation ancienne de l'établissement qui a participé à une action démonstration sur l'agriculture durable à partir de 1995 avec d'autres sites de l'enseignement agricole.
- les différentes formations initiales :
  • Seconde générale et technologique (3 classes)
  • 1ère et terminale STAV Science et Technologie de l'Agronomie et du Vivant (2 classes)
  • 1ère et terminale S (SVT et SBE) 2 classes
  • B.T.S.A. A.C.S.E. (Analyse et Conduite des Systèmes d'Exploitation)
  • B.T.S.A. Aménagement Paysager
  • B.T.S.A. Gestion et Maîtrise de l'Eau
  • B.T.S.A. Productions Animales
  • Prépa TB (Technologie Biologie) : post bacs technologiques
  • Prépa TC : post bac + 2 (BTS, DUT,...)
  • Licence Professionnelle

- Le B.T.S.A. A.C.S.E. s'adresse à des jeunes qui poursuivent leurs études après des bac STAV en production agricole (environ ½ de la classe), des bacs S (option biologie- écologie généralement, ¼ de la classe), des bac pro agricoles (CGEA Conduite et Gestion de l'Exploitation Agricole, ...,1/4 de la classe) et souvent 2 ou 3 autres bacs qui sont en ré-orientation.

- La formation se compose, au cours des 2 années de formation, d'un tronc commun de matières générales (420h) et d'une partie spécifique au BTS ACSE comprenant l'environnement économique et social, et l'enseignement technique et gestion. La formation est entrecoupée de périodes de stages en exploitation (12 semaines) et en organismes para-agricoles (2 semaines), ainsi que plusieurs modules gérés sur une semaine complète en "temps fort".

- À l'issue de la formation, l'essentiel de ces jeunes souhaitent s'installer en agriculture, mais beaucoup ne le font pas immédiatement. L'installation se fait souvent à la suite des parents entre 5 et 10 ans après leur sortie de BTS (environ 1/2 d'entre eux ) avec une période de travail comme salarié agricole ou en association de remplacement. Certains ne s'installent finalement jamais, et restent dans le secteur para -agricole (1/3). Les autres auront des opportunités de travail dans d'autres secteurs d'activités (très varié: finance, social, industrie...) et sortiront du secteur strictement agricole.

Approche énergétique de l'exploitation agricole en BTS ACSE sous l'angle de l'innovation

Thèmes abordés (Lesquels, liens avec les référentiels)  : Le BTSA ACSE comprend un module de conduite d'activité innovante de 40h (module D48), dont le thème est à l'initiative des équipes pédagogiques. Nous abordons, dans ce cadre:
- la production d'énergie, (entrée qui motive principalement les étudiants),
- mais aussi les économies d'énergies,
- et l'impact des systèmes sur le bilan énergétique de l'exploitation agricole.
Emergence du projet (Contexte, éléments déclencheurs (personnes, idées, besoins, commandes), diagnostic préalable)  : En 2008, ce thème de l'énergie nous a paru intéressant, il était d'ailleurs abordé au cours d'un Module d'Initiative Locale (MIL) plus large tourné vers le "Développement durable" (mis en place dans les années 2000), mais était alors peu approfondi sur la partie énergie.
Certains acteurs agricoles commençaient à se préoccuper d'énergie dans la région, via des indicateurs dans des grilles de durabilité par exemple, et les agriculteurs commençaient à installer des capteurs solaires... Également les préoccupations de maîtrise d'énergie dans les lycées par le Conseil Régional, et l'opération Bilan Carbone des EPL du Ministère de l'Agriculture allaient se développer l'année suivante.

Auparavant le module d'activité innovante (D48) a traité de la vente directe, de la gestion du travail sur l'exploitation.
Ce module est très intéressant pour nous car le cadre est assez souple et la durée (environ une semaine) est bien calibrée pour pouvoir approfondir des thèmes d'actualité agricole, mais non prévus par le programme du BTS (qui date du début des années 1990, et en rénovation pour la rentrée 2014) :
- Les questions "énergie" et "équipements/machinisme" ne sont pas intégrées au programme du BTSA ACSE.
- L'énergie est une question transversale sur les exploitations qui interpelle autant les étudiants que les exploitants.
- Le module permet l'intervention de divers enseignants aux compétences variées (scientifiques, biologie, agronomie, économie, gestion), avec un travail pluridisciplinaire obligé, tout à fait dans l'optique "ACSE".
Objectifs pédagogiques poursuivis (Lesquels, principaux et secondaires)  : 1. Pouvoir expliquer les causes du réchauffement climatique et ses liens avec la problématique énergétique.
2. Connaître la place de l'agriculture dans la problématique énergétique et climatique.
3. Être capable de réaliser et commenter un bilan énergétique de l'exploitation (méthode du bilan PLANETE = pour l'analyse énergétique de l'exploitation)
4. Pouvoir proposer des voies d'amélioration sur la production d'énergie, sur les économies et sur un bilan plus favorable.
5. Être capable de chiffrer économiquement (complètement) et énergétiquement (au moins en partie) ces améliorations.
L'idée est aussi d'étudier comment les innovations techniques, organisationnelles, petites ou grandes... sont possibles pour produire ou économiser de l'énergie, comprendre leurs caractéristiques et le processus de leur mise en place.
Disciplines impliquées (Lesquelles, articulations de l'interdisciplinarité, référents pédagogiques)  : Actuellement 3 disciplines interviennent :
- L'agronomie apporte les notions scientifiques nécessaires au départ, mais d'autres disciplines pourraient intervenir utilement (biologie, chimie, physique, mais comme il n'y a pas d'heures dans le programme, c'est difficile)
- L'économie générale intervient aussi pour la partie politique énergétique de l'État, de l'Europe. Ensuite une phase technique est nécessaire sur les exploitations, pour comprendre les enjeux pratiques.
- La gestion intervient au final sur le chiffrage des techniques mises en place et des projets, ce qui est la finalité de ce BTS.
Moyens financiers, matériels, humains mis en oeuvre : Ce module ne demande pas de gros moyens financiers : il faut quand même pouvoir utiliser un bus à plusieurs reprises pour aller visiter des exploitations (des exemples concrets), ce qui est coûteux! (énergétiquement aussi). Il nous paraît très important de voir sur le terrain les différents enjeux, la théorie seule est très inefficace. La plupart des intervenants que nous choisissons sont gratuits, mais il faut prévoir une indemnité de déplacement pour ceux qui viennent, et pour les exploitants qui doivent consacrer une journée pour un bilan "PLANETE" (½ journée de collecte et ½ journée de préparation des papiers... environ 60 € pour l'agriculteur). Au total, notre budget de la semaine est de 1 000 € dont environ 800 € de transport. En 2013, un budget supplémentaire a été obtenu au Conseil Régional (environ 500 €) afin d'organiser une journée d'étude plus éloignée.
Plan d'action et pilotage (Porteurs du projet, organisation de l'équipe pédagogique, organe de pilotage, présentation du scénario pédagogique, durée, échéancier, public cible, méthodologie)  : La classe comporte en moyenne 26 à 30 étudiants. Le module a été mis en place en 2008, et peu modifié dans sa structure depuis (il convenait bien tel que), mais les visites varient toujours d'une année à l'autre ainsi que les intervenants, donnant une coloration un peu différente à chaque fois : la filière bois-énergie, l'utilisation de l'herbe, les consommations d'énergies directes etc... Aussi l'équipe ne retourne pas 2 années de suite faire un bilan PLANETE chez un même agriculteur, pour éviter de trop le solliciter, surtout quand son système n'a pas changé. En 2013, nous avons été une journée sur la "route des énergies renouvelables" dans le Pays du Mené (centre Bretagne, collectivités dans une dynamique de "territoire à énergie positive" et visant 100% énergie renouvelable en 2050).

La mise en œuvre de la semaine est faite par une équipe de 2 ou 3 enseignants qui se relaient sur les parties théoriques et ensemble pour les visites support (notamment du bilan "PLANETE"). Ces équipes tournent selon les années, ce qui contribue (utilement) à apporter de nouvelles idées.
Mise en oeuvre/actions réalisées (Lesquelles, outils pédagogiques utilisés, ressources sollicitées, partenaires mobilisés)  : le tout groupé sur une semaine complète :
- 3h de notions de base sur le changement climatique, la position française sur le plan énergétique et la place de l'agriculture dans cette problématique. Il s'agit d'un document avec divers graphes, tableaux avec des données scientifiques précises et actualisées, à diverses échelles (nationale, régionale...) et pour divers secteurs, et les jeunes commentent oralement et notent des commentaires dans les parties "à trou".

- 1h de présentation des plans de performances énergétiques des instituts techniques (qui concernent essentiellement les énergies directes, un peu sous forme d'auto-diagnostic pour faire réfléchir les éleveurs de porc, de volaille, de vaches laitières) et qui sont faciles à faire sur des exploitations (voir la grille de positionnement proposé aux éleveurs dans la brochure "les consommations d'énergie dans les bâtiments avicoles" de l'ITAVI/ADEME par ex) Présentation rapide des différentes filières de production et d'économies d'énergie directes...

- Visite par petit groupe (3-4) d'une exploitation choisie par le groupe ayant un dispositif de production ou d'économie d'énergie après avoir préparé des questions :
  • 2H encadrée, puis autonomie, pour la réalisation d'un dossier sur ces exploitations (plutôt quelques jours après pour qu'ils puissent prendre du recul) comprenant l'AGEA = Approche Globale d'Exploitation Agricole, la filière énergie utilisée et le plan de performance énergétique, conclusion sur l'intérêt de l'agriculteur pour les différentes option choisies.
  • 2h de travail de bibliographie, en groupe, sur le dispositif utilisé par l'exploitation visitée la veille, sa compréhension, l'analyse de ses points faibles et des évolutions possibles. Selon les cas, il peut y avoir une exploitation des visites en classe ou sinon, a minima, chaque groupe doit lire les compte-rendus des autres groupes avant l'évaluation.

- Visite d'une exploitation qui a mené une réflexion énergétique, et possède un ou plusieurs dispositifs en fonctionnement. En 2011 par ex : exploitation avec capteurs photovoltaïques et séchage solaire en grange, produisant du bois déchiqueté pour les chaudières familiales, rencontre avec le responsable d'un GIE de bois plaquette et de la CUMA déchiqueteuse, partenaires de cet exploitant.

- Réalisation d'un bilan "PLANETE" (1 journée) :
  • 2h de présentation de la méthode de diagnostic PLANETE, par un professionnel agréé du RAD (réseau agriculture durable) et sensibilisation au problème des énergies grises sur l'exploitation. En 2011: Bilan "PLANETE" sur une exploitation ovine laitière avec séchage en grange.
  • Répartition des étudiants en 6 groupes (assolement et produits végétaux, cheptel animaux, énergies directes, intrants végétaux, intrants animaux, bâtiment matériel) en veillant à mettre des connaisseurs en matériels et entreprise de travaux agricole dans ce dernier groupe car la collecte est difficile.
  • Visite de l'exploitation classe entière et collecte des données (4h). Il faut choisir une exploitation relativement simple (avec peu d'ateliers) où le hors sol n'est pas dominant (ce qui fausse le bilan). La collecte étant assez lourde pour l'agriculteur, il doit avoir lui même un intérêt pour le résultat de ce bilan. Le grand livre est souvent utile pour cette collecte .
  • Retour en salle et enregistrement des données sur le logiciel et sortie du diagnostic. (2h). 2 ordinateurs sont en salle (pour limiter les erreurs de saisies) et les 6 sous-groupes se succèdent sur les 2 postes pour saisir les diverses informations (cultures, cheptel, matériel...). Pendant ce temps, les autres groupes travaillent sur leurs compte-rendus des autres visites. Le professionnel intervenu le matin relira par la suite le bilan PLANETE des étudiants pour le corriger, valider.

- En 2011, il y a eu une présentation de l'outil de diagnostic énergétique et de simulation "PRAIRIE" par un intervenant de l'ADAGE (association Agriculture Durable par l'Autonomie, la Gestion et l'Environnement) et application à un cas concret de la région (étudié par l'ADAGE). Le but était d'illustrer une prolongation du diagnostic avec la simulation de l'impact de changements sur une ferme. Mais l'outil est plus complexe que PLANETE et ne peut être manipulé par les étudiants, ça leur a donc paru un peu théorique et cette intervention n'a pas été renouvelée pour l'instant.

- Rendu des dossiers de groupes par exploitation. Remise en ordre des notes de la semaine. Conclusion sur le thème

- 2h de contrôle certificatif individuel en fin de semaine
Evaluation (Forme, critères, indicateurs)  : - Évaluation individuelle en ccf écrit sur la semaine passée, avec obligatoirement un commentaire sur le bilan PLANETE réalisé, souvent un chiffrage de projet d'amélioration en lien avec les autres visites faites ensemble. Par exemple, des questions portent sur les principaux postes consommateurs d'énergie, d'autres sur le cours introductif...

- Évaluation collective du dossier de visite avec sa partie bibliographique, son AGEA (approche globale de l'exploitation agricole), son dispositif énergétique correctement chiffré et le plan de performance énergétique commenté. Ils doivent réussir à soulever les problèmes principaux, argumenter les choix d'actions de l'agriculteur, en repérant ce qui l'a motivé, les déclics, les difficultés de mise en place.

- Souvent les agriculteurs visités sont contents de ce qu'ils ont mis en place, ils démontrent une certaine rentabilité ce qui déconstruit les préjugés des jeunes qui pensaient souvent au départ que c'était peu rentable...
Résultats obtenus (Réalisations concrètes, productions, effets induits)  : - La phase théorique la 1ère demi-journée suscite de vifs échanges entre étudiants, entre les sceptiques ("des discours d'écolo") et les convaincus ("on voit bien"..). Nous essayons de rester très scientifiques et d'avoir seulement des chiffres incontestables (ou presque, le GIEC, l'ADEME...) et des données récentes car l'évolution est très rapide depuis 2008 (le 1er module énergie), en particuliers pour la production energétique. Les arguments des étudiants ne sont pas très construits en général à ce stade.

- La recherche d'exploitations à visiter ayant un dispositif particulier sur l'énergie les oblige à parler autour d'eux de ce problème, et entraîne sans doute de vifs débats familiaux dans le milieu rural ! Les étudiants disent souvent avoir une position beaucoup moins frileuse que leurs parents à ce sujet. Les différences régionales sont très nettes également : nos étudiants issus de la Loire Atlantique ou de Bretagne sont beaucoup plus familiarisés avec ces techniques, et beaucoup moins hostiles – quelque soit la production des parents (bio, herbagers, conventionnels ou hors sols...). Les étudiants venant des régions (Normandie, Centre) où ces dispositifs semblent moins visibles restent plus sceptiques (tous systèmes de production confondus). Ces différence s'atténuent un peu à mesure que les dispositifs d'économie d'énergie et de production d'énergies renouvelables se répandent.

- Les visites doivent être les plus ouvertes possibles, avec des débats entre agriculteurs et étudiants. C'est mieux s'il y a plusieurs intervenants sur place qui discutent entre eux aussi, au coin du champ ou de la chaudière bois par ex, évoquant concrètement les difficultés de mise en place... Les jeunes osent + participer, par rapport à un intervenant "puit de science", et ça permet de sortir et dépasser leurs idées reçues..

- Nous trouvons que le choix de la visite pour le bilan "PLANETE" est très délicat : les hors - sols ne "passent" pas bien dans le diagnostic (trop d'intrants mal évalués sur le plan des énergies grises, par ex dans les fermes il y a beaucoup de sortes de bétons, ferrailles, types d'isolations, alors que PLANETE manque de finesse dans les catégories proposées de bâtiments). Le nombre important d'ateliers rend la collecte lourde. La comptabilité de l'exploitation doit être très rigoureuse, on a souvent recours au grand livre (pour les factures des aliments) ou aux factures de l'ETA = Entreprise de Travaux Agricoles (pour les heures consacrées à chaque tâche).

- L'enregistrement de "PLANETE" est assez laborieux, il faut un responsable de groupe et un enseignant à coté pour vérifier les erreurs de frappe très faciles (pas d'unités,..). Il faut mettre un groupe sur le site internet "e-phy" en parallèle pour connaitre les quantités de matières actives de chaque produit utilisé (c'est assez facile après avoir fait un exemple avec eux). Et c'est très précieux d'avoir un fils - une fille d'entrepreneur agricole qui connaisse bien les matériels utilisés et les consommations des matériels.

- Pour le dossier, on n'aborde pas encore le problème des énergies grises, seulement avec le bilan PLANETE, et normalement, en fin de semaine ils réalisent que c'est une part importante du problème energétique. Mais ce n'est pas une notion évidente pour tous (par ex sur les engrais et leurs impacts en amont à la fabrication, transport...). Une semaine est un peu court pour vraiment remettre en cause un système dans son ensemble, mais le bilan "PLANETE" permet quand même d'avoir une vue d'ensemble compréhensible par des étudiants de BTS sur la question.

- Il faut saisir des opportunités :
  • La promotion 2013, suite à la lecture d' articles sur la démarche du Pays du Mené (centre-Bretagne) vers l'autonomie énergétique, un dossier de financement a été monté et nous avons visité sur une journée la route des énergies renouvelables...

  • Pour la promotion 2012, opportunité d'assister à une journée sur le thème de l'énergie organisée par la station d'expérimentation "Machinisme" de la Chambre d'Agriculture d'Ille et Vilaine : filière bois énergie, consommation de carburants, échanges de parcelles... Situées en dehors de la semaine, ces informations très intéressantes ont été valorisées lors du module quelques mois plus tard.

  • Pour la promotion 2010, conférence organisée par le CER France (Centre d'Économie Rurale) sur ce même thème.
Analyse/diagnostic (Les réussites, les échecs, les difficultés, impact du projet sur les apprenants (indicateurs, enquêtes...))  : Globalement les objectifs sont atteints en fin de semaine. La notion complexe "d'énergie grise" reste plus difficile à intégrer.
Les étudiants apprécient beaucoup de pouvoir être acteur sur une problématique très générale, avec des solutions concrètes. Ils apprécient aussi que l'agriculture soit valorisée aux yeux du public d'un point de vue énergétique. Dans la région, ils sont souvent très sensibles à l'image négative de l'agriculture.
Il faut veiller durant la semaine à ne pas se laisser entraîner vers la seule production d'énergie, plus attirante (source de revenus complémentaires bien visibles...). Travailler sur les économies d'énergies "directes ou grises" oblige à une plus grande réflexion sur le système en place, à plus de recul et s'avère plus difficile à chiffrer et à interpréter.

Le bilan "PLANETE" est délicat à mener, il faut que les enseignants soient bien préparés et aient travaillé en amont avec l'exploitant sur les documents de collecte. Il serait peut-être utile qu'un enseignant soit agréé pour ce type de diagnostic afin de le faire valider de manière officielle (afin que l'exploitant puisse avoir un diagnostic reconnu par la Direction Départementale des Territoires DDT, et puisse faire une demande de subvention d'investissement. C'est une demande des exploitants de faire valider leur diagnostic.
Améliorations à apporter, suggestions : Actualiser la méthode de diagnostic (Dia'Terre® plutôt que PLANETE à partir de 2013-2014...), mais il faut conserver une méthode de diagnostic avec une vue globale entrée-sortie d'énergies, y compris "énergies grises".

Il serait intéressant de revenir chez un exploitant après mise en place d'un dispositif de production ou d'économies d'énergies et de chiffrer les évolutions.

Une autre piste aussi serait de faire analyser les divers types d'innovations aux étudiants en reprenant pourquoi pas la grille de lecture sur les "intensités" d'innovations (en rupture faible / forte) Efficience / Substitution / Reconception, utilisée notamment par l'INRA et le Réseau Mixte Technologique Système de Culture Innovant.
Démarche conduite (Conduite pédagogique, processus pédagogiques mobilisés, interdisciplinarité, degré d'ouverture au territoire...))  : Une entrée sous forme de cours magistral appuyé sur des visites, avec des temps de formalisation en groupe, d'analyse croisées. La semaine bloquée "en temps fort" semble bien convenir à la fois aux étudiants et au thème choisi. Les cas étudiés permettent aux jeunes de travailler sur :
- les liens entre local / global,
- d'appréhender diverses échelles de temps (épuisement des ressources...),
- de se confronter à une certaine complexité (via notamment la réalisation par eux-mêmes du diagnostic énergétique PLANETE)
- de travailler sur la notion de responsabilisation (en voyant que chacun peut avoir des leviers à actionner pour répondre à un défi collectif).
Un travail sur les représentations des étudiants au début du module pourrait être ajouté pour éventuellement mieux repérer les préjugés, les "obstacles" à dépasser dans la semaine.
Les interdépendances, les intrications d'échelles territoriales pourrait être travaillées peut-être davantage en questionnant la place de l'agriculture dans les Plans Climat Énergie Territoriaux et réfléchissant à comment une exploitation peut participer à répondre au défi énergétique sur son territoire (la démarche du pays du Mené se prêterait bien à cette ouverture).
Transférabilité : Il est possible d'intégrer un projet énergétique dans le rapport de stage sur l'exploitation de stage.
Cette question intéresse souvent les étudiants à titre personnel dans le cadre de l'exploitation familiale où ils jouent un rôle de prescripteur, assez facilement sur le volet des équipements d'économie d'énergie qui permettent de diminuer les charges (probablement beaucoup moins sur les changements de systèmes de cultures ou d'alimentation où ils n'ont pas encore un rôle décisionnel laissé par leurs parents).

Caroline Flandrin, agronomie, Charles Capitaine, économie- gestion, LEGTA Théodore Monod -le Rheu. Travail réalisé dans le cadre du réseau "performance énergétique des exploitations" de l'enseignement agricole, avec des compléments d'interview par Claire Durox.
Bibliographie : - INRA, Les flux d'azote liés aux élevages, Réduire les pertes, rétablir les équilibres, Expertise scientifique collective, janvier 2012 -. http://www.inra.fr/l_institut/expertise/expertises_realisees/flux_d_azote_lies_aux_elevages_rapport_d_expertise

- IDELE, Dollé JB, Les consommations d'énergie en bâtiment d'élevage bovin, Mars 2007 http://78.155.145.72/html/html1/IMG/pdf_CR_050733008.pdf

- ITAVI/ADEME, Les consommations d'énergie dans les bâtiments avicoles, Quelques repères sur les consommations d'énergie et propositions de pistes d'amélioration, septembre 2008, http://www.itavi.asso.fr/elevage/batiment/energie_aviculture_ademe.pdf