Habiter poétiquement le monde : la sagesse commence dans l’émerveillement - Canopée n°10

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Présentation succincte : Alors que la relation des hommes à la mondialisation ne semble générer que de l’anxiété, l’injonction du poète Friedrich Hölderlin à habiter poétiquement le monde nous semble aujourd’hui plus que nécessaire au réenchantement de ce monde, écrit Françoise Lemarchand dans le nouveau numéro de la revue annuelle Canopée coéditée par Actes Sud et Nature & Découvertes. Le rapprochement entre écologie (oïkos : maison, au sens de habitat) et poésie serait une des voies possibles pour retrouver le chemin de la démocratie et de la spiritualité.

Françoise Lemarchand poursuit : "Habiter poétiquement le monde, c’est d’abord en finir avec un regard dominateur et ne plus répondre à notre appétit insatiable et prédateur.

C’est au contraire se RELIER au monde, vivre en harmonie et en empathie avec soi-même et avec les autres, mais aussi avec les plantes et les animaux. Ce qui détermine toute une façon d’être.

C’est également prendre le temps de regarder, de CONTEMPLER et s’émerveiller du quotidien et des choses les plus humbles de notre vie, même celles qui nous semblent les plus banales. Repérer la beauté là où l’on s’y attend le moins.

C’est enfin tout mélanger, MÉTISSER et apprécier la diversité, contraire de la monochromie. Ne pas s’enfermer dans des cases, des dogmes, savoir prendre des chemins de traverse, être rebelle, transgresser les codes et briser les carcans idéologiques. C’est donc bien une question d’attitude et de regard qui n’est pas réservée exclusivement aux artistes.

Dans ce numéro, de nombreux « poètes » nous disent leurs intuitions, leurs émotions, mais aussi leurs actions. Car poésie et action ne sont pas incompatibles. Tous ceux que nous invitons dans nos pages ont décidé de faire de leur vie une aventure poétique et d’être ainsi cocréateur de l’univers.

Nous donnons la parole, entre autres, au botaniste Francis Hallé, à la réalisatrice Agnès Varda, à la thérapeute Frédérique Pichard reliée aux dauphins, à la comédienne Juliette Binoche qui dialogue avec les anges. L’historienne de l’art Aline Le Grand nous ouvre les portes de l’art et du sacré en Bretagne, le grand reporter et écrivain Jean-Claude Guillebaud décrypte la poésie du quotidien, et le charismatique Grand Corps Malade fait de sa vie une œuvre d’art à travers le slam. Ce sont aussi de belles rencontres entre des femmes du Bénin et une association française, décidée à pérenniser l’art de l’indigo, ou avec le poète Christian Bobin qui nous accueille dans sa maison au fond des bois. Ces sont des photographes, architectes, écrivains humanistes qui expriment leur foi par ce langage universel qu’est l’art. Universel car il court-circuite le mental pour toucher directement le cœur".
Type de ressource : Fichier téléchargeable